Volume III
Le message, le communicable, sur ce troisième opus de Flore Laurentienne, c’est la lumière ; c’est le germe d’une graine en terre qui devient plante puis fleur, s’épanouissant à son paroxysme puis flétrissant inévitablement pour que le cycle recommence ; c’est la quête du beau dans le chaos, duquel naît l’harmonie. Sur Volume III, Mathieu David Gagnon et sa Flore Laurentienne reviennent célébrer la magnificence du fleuve et de ses alentours floraux et sylvestres.
Volume III, c’est aussi une poursuite davantage approfondie des agencements d’éléments acoustiques et synthétiques qui caractérisent Flore Laurentienne. Contrairement aux trois premiers albums, la majorité des pièces a pu être travaillée avec les membres du groupe lors de résidences et de concerts avant d'être endisquée, ce qui a nourri les compositions à un stade où elles étaient encore en mouvement. Le groupe alimente le projet et stimule l'écriture de Gagnon en faisant progresser le son du projet, le nourrissant, lui permettant d’aller plus loin.
Ce nouveau jalon marque aussi la fin d’une trilogie amorcée en 2019 avec Volume 1 – avec l’aspiration inhérente et parallèle de se rendre à un troisième volume afin de rendre hommage à Volume 3, le premier album de L’Infonie (culte collectif québécois qui alliait jazz, prog, musiques savantes et poésie, notamment). Ce dernier n’a pas influencé la musique de Flore Laurentienne per se, mais plutôt sa conception de liberté dans la composition, en alliant classique et improvisation, notamment.
Le déroulement de Volume III est en phase avec l’évolution du projet : là où la première pièce « Fleurs » se rapproche de ce que Volume II proposait, « (À travers les) Chablis », en conclusion, nous montre ce à quoi la suite pourrait ressembler. C’est un album à prendre avec ses deux prédécesseurs tout en étant ouvert sur la prochaine étape. Flore Laurentienne est en constante évolution, mais, depuis le début, la vision est la même : créer une musique vivante, vraie, humaine et sans concession.