Suuns

Suuns

Hold/Still, troisième album studio de Suuns, est un objet énigmatique, une suite musicale à la beauté étrange et à l’interprétation méticuleuse qui englobe les contraires et fait de la distorsion cognitive une vertu. Une oeuvre qui ne cède pas facilement ses secrets. Les onze chansons qui y figurent sont à la fois psychédéliques et austères, sensuelles et froides, organiques et électroniques; elles contiennent une tension frisant la folie tout en conservant un calme et un contrôle irréprochables. « Une partie de cet album résiste à celui qui l’écoute, et je crois que c’est le fait de ces forces qui s’opposent constamment, explique le batteur Liam O’Neill. Prenez “Brainwash” par exemple. La mélodie à la guitare, très douce et lyrique, côtoie des textures percussives extrêmement agressives et éparses. »

Dès le départ, Suuns (qu’on prononce « sounz » et qui signifie « zéro » en thaï) cherchait à faire les choses autrement. Le groupe est né à Montréal en 2007, lorsque le chanteur et guitariste Ben Shemie et le guitariste Joe Yarmush se sont rassemblés pour créer des démos, bientôt rejoints à la batterie par Liam, l’ancien camarade de classe de Ben, et par Max Henry au synthétiseur. Tous deux parus chez Secretly Canadian, les premiers albums de la formation, Zeroes QC (2010) et Images Du Futur (2012), finaliste au prix Polaris, ont connu un succès critique immédiat. Rapidement, Suuns s’est inscrit dans la renaissance musicale montréalaise de la fin des années 2000 aux côtés de The Besnard Lakes, Islands et Land of Talk. Pourtant, Suuns semble loin des grands ensembles baroques et orchestres apocalyptiques qui caractérisent la scène de Montréal. « Nous faisons de la musique plutôt minimaliste, soutient Ben. La forme de nos chansons n’est pas traditionnelle et parfois, ça ne va nulle part, mais les pièces possèdent leur propre logique. » Autrement dit par Joe : « C’est de la pop, mais placée dans une sorte d’espace maléfique. »

Après avoir réalisé leurs deux premiers disques avec leur ami Jace Lasek de The Besnard Lakes, qui opère le studio montréalais Breakglass, Suuns a décidé que Hold/Still exigeait une approche différente. En mai 2015, ils sont donc partis pour Dallas, au Texas, afin d’y travailler avec le producteur John Congleton, lauréat d’un prix Grammy (l’homme derrière St Vincent, The War On Drugs, Sleater Kinne...). Pendant trois semaines intenses, les quatre musiciens ont passé leurs journées en studio où Congleton les a poussés à enregistrer des prises live parfaites, ne requérant presque aucune retouche additionnelle. Le soir, ils s'en retournaient dans la chaleur étouffante de leur petit appartement. « Quand on enregistre à Montréal, l’atmosphère est à la fête, raconte Joe. Là-bas, on avait l’impression d’être en mission. On cherchait quelque chose qui pourrait nous sortir de notre élément et s’infiltrer dans notre musique. » Par chance, l’effet a été galvanisant. Sous la gouverne de Congleton, « Translate » et « Infinity », des chansons que le quatuor retravaillait depuis des années, ont soudainement trouvé leur forme.

Le résultat est sans contredit leur album le plus abouti à ce jour, le son d’un groupe œuvrant dans un état de synchronisme mental, façonnant à la guitare une musique qui semble échapper à une tradition précise, aux carcans des genres. Du blues électronique hanté de « Nobody Can Save Me Now » aux sept minutes lancinantes de la pièce maîtresse « Careful », Hold/Still met de l’avant le travail de Max, un obsédé du synthétiseur qui conçoit ses propres patchs et admet utiliser de l’équipement bancal ou bon marché, en plus d’instruments haut de gamme, parce que « [un appareil de qualité] fait tout le travail à votre place, et ça n’est pas toujours amusant. » Certes, le groupe est inspiré tant par les textures du groove sombre d’Andy Stott, les arpèges florissants de James Holden et les productions dentelées de Death Grips, que par tout ce qui touche de près ou de loin au rock. « Tant que ça n’a pas été effleuré ou baigné dans un éclairage électronique, ça ne marche pas », élabore Liam. « C’est rare qu’une batterie, une basse et une guitare acoustique constituent un produit fini à nos yeux. Pour qu’une chanson soit du Suuns, il faut qu’elle ait été colorée par l’électronique. »

Le groupe reste profondément épris de l’esthétique de l’obscurité. La couverture du disque est une image de l’ex-collègue de Ben, Nahka, captée par la photographe Caroline Désilets au sténopé lors d’une exposition de quatre minutes. Hold/Still, c’est le cas de le dire.

Une autre contradiction réside dans la voix de Ben, beaucoup plus articulée et franche que sur les albums précédents. S’il y a un thème qui unit Hold/Still, c’est selon Ben une exploration « du sexe… peut-être pas l’acte en lui-même, mais des sujets de nature sexuelle. Il y a par ailleurs un sous-texte spirituel qui tend vers un autre type de quête. » La sexualité s’illustre dans le romantisme sombre de « Careful », alors que le désir devient à la fois sexuel et spirituel dans les appels inassouvis de « Instrument » : « I wanna believe/I wanna receive… » La spiritualité prend le dessus dans la dernière partie du disque. « Nobody Can Save Me Now » évoque For You, l’incantation fantomatique de l’artiste Tracey Emin à la Cathédrale de Liverpool : « I felt you / and I knew that you loved me », tandis que ‘Brainwash’ interroge : « Do you see, all seeing? / Do you know, all knowing? »

Dans un centre culturel tel que Montréal, les musiciens peuvent parfois tomber dans la facilité à force de jouer pour leurs pairs. Mais Suuns semble toujours à la recherche de la frontière la plus proche. Le groupe a trouvé ses premiers auditoires en France et en Belgique, où ses membres ont assumé la programmation du festival Sonic City en 2012, invitant des formations très diverses telles que Swans, Tim Hecker et Demdike Stare. Parallèlement, les deux dernières années ont été consacrées à des tournées qui les ont entraînés aussi loin que le Mexique, le Maroc, Beyrouth, Taïwan et Istambul, parfois en compagnie de leur ami Radwan Moumneh, du projet multimédia Jerusalem In My Heart, avec qui Suuns a lancé un formidable album collaboratif il y a un an, Suuns And Jerusalem In My Heart.

« On fait beaucoup de tournées ensemble et à ce stade, on a voyagé un peu partout dans le monde, affirme Ben. C’est un effort concerté de notre part, chaque fois que l’occasion se présente. On se dit : “cette fois-ci, essayons d’aller plus loin à l’est, encore plus au sud”. On se retrouve à jouer devant des gens qui ne voient pas souvent des groupes sur scène, et ça peut devenir vraiment intéressant. » En d’autres termes, ceux qui s’aventurent hors de leur zone de confort sont récompensés – une vérité qui s’applique également à Hold/Still, l’album qui tire son étrange pouvoir de tensions bouillonnantes et de juxtapositions bizarres, saisissantes et qui, ce faisant, propulse le rock sur un sentier nouveau et inexploré.

26 janvier 2016

Suuns annonce nouvel album Hold/Still, a paraitre le 15 avril 2016



Hold/Still, troisième album studio de Suuns, est un objet énigmatique, une suite musicale à la beauté étrange et à l’interprétation méticuleuse qui englobe les contraires et fait de la distorsion cognitive une vertu. Une oeuvre qui ne cède pas facilement ses secrets. Évolution naturelle des deux précédents albums, Zeroes QC paru en 2011 et Images du Futur en 2013, Hold/Still marque néanmoins un tournant important pour le groupe. Il s’apparente à une aventure cérébrale, où l’on s’adonnerait à l’exercice de créer un album aux textures profondément électroniques en utilisant une instrumentation qui s’apparente davantage à un contexte de scène. En mai 2015, les quatre membre de Suuns partent pour Dallas, Texas pour travailler avec le producteur de renom John Congleton, récipiendaire d’un Grammy en 2014. Trois semaines durant, ils enregistrent le jour, et le soir venu, retournent dans la chaleur étouffante de leur appartement exigu. « Là-bas, on avait l’impression d’être en mission. On cherchait quelque chose qui pourrait nous sortir de notre élément et s’infiltrer dans notre musique », déclare le groupe. Hold/Still paraîtra le 15 avril 2016 via Secret City Records (au Canada) et Secretly Canadian (reste du monde).

Le premier single ‘Translate’ est l’un des morceaux phares de l’album – le son d’un groupe œuvrant dans un état de synchronisme mental, façonnant à la guitare une musique qui semble échapper à une tradition précise, aux carcans des genres. C’est une pièce que le groupe a retravaillée pendant des années, qui fut la dernière de l’album à être terminée, et qui pourtant s’avère être la définition parfaite de l’album. Les synthétiseurs sont l’œuvre de Max Henry, un créateur obsessif qui conçoit ses propres patchs et admet utiliser de l’équipement bancal ou bon marché, en plus d’instruments haut de gamme parce que « [un appareil de qualité] fait tout le travail à votre place, et ça n’est pas toujours amusant. »

Une trilogie de vidéos accompagne cette chanson, mettant en vedette deux des autres pièces de l’album qui sortiront avant le lancement de l’album. Leur réalisateur n’est autre que Charles-André Coderre, collaborateur de longue date du groupe. : «'Translate', premier vidéoclip d’une série triptyque, est une vision incandescente. Le tournage a été fait à l’aide d’une caméra infrarouge. Le concept était très simple : filmer le groupe dans leur local de pratique et transfigurer le matériel en quelque chose d’inhabituel et de superbe. Nous avons expérimenté autour de tous les sens possibles du mot « translate » et exploré un nouveau langage filmique en capturant ce que l’œil humain ne peut pas voir.

Une version remixée de ‘Translate’ est également disponible aujourd’hui – première d’une série de remix qui paraitront en même temps que les prochaines pièces de l’album. Le premier remix porte la griffe de Dark Sky, qui en dévie les rythmes répétitifs style krautrock pour les orienter vers des arrangements plus syncopés et magnétiques « On a vraiment aimé les sons psychédéliques de la pièce originale, qui sonnait à la fois vintage et avant-gardiste en meme temps. On a construit quelque chose autour de cette ambiance ».

Écoutez le remix de Dark Sky ici

Preorder the new album on iTunes

Dès la sortie de l’album le groupe amorcera une tournée mondiale, dont les dates sont annoncées aujourd’hui !

March 13 // Azores Island, PT // Tremor Festival
April 7 // Saint-Thérèse QC // Bar Le Cha-Cha
April 9 // Saint-Casimir QC // La Taverne
April 15 // Quebec QC // L'Anti
April 16 // Carleton QC // Le Naufrageur
April 20 // Montreal, QC // La Tulipe
April 21 // Ottawa ON // St Albans Church
April 22 // Toronto ON // Adelaide Hall
May 19 // Berlin DE // Berghain
May 20 // Amsterdam NL // Melkweg
May 21 // Lille FR // Grand Mix
May 22 // Brussels BE // La Nuit De Botanique Festival
May 24 // London, UK // ICA
May 27 // Neustrelitz, DE // Immergut Festival
May 28 // KleinReifling, AT // Seewiesen Festival
May 30 // Paris, FR // TBA
June 1 // Barcelona, ES // Primavera Sound
June 5 // Mannheim, DE // Maifield Derby Festival
June 8 // Rome, IT // Monk
June 9 // Ravenna, IT // Beaches Brew Festival

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12 décembre 2014

Suuns et Secret City sommes heureux d'annoncer de nouvelles dates de spectacles!

Regarder les nouvelles dates de spectacles ici!

2 octobre 2014

Les Inrocks - On y était : Suuns à la Gaîté Lyrique



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2 octobre 2014

Les Inrocks - On y était : Suuns à la Gaîté Lyrique



We knew from the first time that they burst onto the scene and blessed us with their albums Zeroes QC and Images du futur that Suuns is without a doubt or exaggerating one of the most important groups of the era.

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8 décembre 2013

Images du Futur dans les meilleurs albums de l'année 2013 selon La Presse

Sans se péter les bretelles, ce quartette montréalais s'impose parmi les plus intéressants du rock anglo, montréalais, québécois ou canadien. Bien que très rock, la force des concepts l'emporte largement sur celle des muscles. - Alain Brunet

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1 août 2013

Suuns dans la trame sonore du nouveau film de Ryan Gosling « Only God Forgives »



Le dernier album de Suuns, Images du futur, continue d'attirer l'attention et de se faire connaître un peu partout sur la planète. La dernière nouvelle saura ravir les cinéphiles; la pièce 2020 se retrouve dans la trame sonore du plus récent film de Ryan Gosling, Only God Forgives. Elle peut en effet être entendue dans la bande-annonce européenne du film, réalisé par Winding Refn (Drive). La pièce, selon l'Aternative Press, ajoute un sentiment de menace et de tension à la bande-annonce, qui dévoile également Kristin Scott Thomas aux côtés de Ryan Gosling dans ce film d'action se déroulant à Bangkok.

19 juillet 2013

Suuns + La Blogothèque

14 juin 2013

«Images du Futur» de Suuns dans la longue liste 2013 du Polaris




Toutes nos félicitations à Suuns ! Leur plus récent album, Images du Futur fait parti des 40 albums nommés sur la longue liste 2013 du Prix de musique Polaris.

Pour voir la longue liste au complet, cliquez ici

La courte liste du Prix de musique Polaris sera annoncé le 16 juillet prochain au Drake Hotel.

22 mai 2013

Un nouveau vidéoclip de Suuns pour la pièce « Sunspot »



Le groupe vient de sortir un nouveau vidéoclip pour la pièce Sunspot, un collage analogue abstrait réalisé par l'artiste montréalaise Malena Szlam.

1 mai 2013

Suuns en concert au Festival de Jazz de Montréal



Suuns se produira en concert au Festival International de Jazz de Montréal cette année. Le groupe clôturera la série Nuits Heineken au Club Soda le 7 juillet prochain, les billets seront mis en vente le samedi 4 mai à midi.

SUUNS @ FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL
DIMANCHE 7 JUILLET - 23H
CLUB SODA - 1225 SAINT-LAURENT
Billets
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